Question au Gouvernement relative à la suppression d’emplois à General Electric

Question soumise le 29 mai 2019

Ma question, à laquelle je souhaite associer mon collègue Martial Bourquin, s’adresse au Premier ministre.

La Bourgogne-Franche-Comté est la première région industrielle du pays au regard de la part des salariés de l’industrie dans la population active. C’est une fierté pour tous ses habitants et c’est un atout pour notre pays.

Ce matin, la direction de General Electric a reçu les représentants syndicaux pour leur annoncer un plan de restructuration. Il prévoit la suppression de plus d’un millier d’emplois dans le Territoire de Belfort, sur les sites GE de Belfort et de Bourgogne. C’est un quart des effectifs de GE que la direction souhaite rayer d’un trait de plume. C’est un coup de massue pour toute la population.

Pourtant, à la suite du rachat de la branche énergie d’Alstom, le même groupe GE nous promettait la création de 1 000 emplois. Beaucoup attendaient mieux de M. Macron, qui a surtout su négocier le calendrier de ce plan social, annoncé au lendemain des élections européennes.

M. Montebourg avait mis en place des garanties lors de la vente d’Alstom. Elles alimenteront un fonds précieux de réindustrialisation, à hauteur de 50 millions d’euros. Toutefois, ce fonds n’est toujours pas opérationnel, malgré l’insistance des collectivités locales.

Aujourd’hui, l’annonce de GE constitue une nouvelle rupture, qui appelle une réponse forte de la part de l’État. GE doit préserver davantage d’emplois et de savoir-faire, diversifier son activité sur les sites de Belfort et de Bourgogne, mais aussi remettre la main à la poche !

Monsieur le ministre, quels sont vos objectifs en termes de réduction du nombre d’emplois supprimés ? Êtes-vous prêt à exiger le doublement de l’amende due par GE ? Comment allez-vous associer les élus locaux du territoire, qui forment une union sacrée, pour assurer un avenir à l’industrie régionale ?

Réponse émise le 29 mai 2019 de M. Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances. 

Monsieur le sénateur, mon objectif est simple : garantir l’avenir industriel de GE à Belfort et, de manière plus générale, en France. Je compte bien entendu associer les élus à ma démarche. Je l’ai déjà fait, et je suis prêt à recevoir tous les élus concernés par les annonces de GE dans les jours qui viennent.

C’est un coup dur pour les salariés de GE. Il résulte tout simplement de l’effondrement des commandes de turbines à gaz. Vous connaissez parfaitement le dossier : 100 turbines à gaz avaient été commandées à GE Belfort en 2008, contre 29 aujourd’hui, et les perspectives pour les années à venir ne sont pas bonnes. Peut-être seront-elles plus ouvertes à compter de 2040, lorsque les usines à charbon auront fermé, mais, dans l’intervalle, il faut trouver d’autres activités.

Mon objectif principal est de trouver de nouveaux débouchés industriels pour les salariés de GE à Belfort. Il y a des débouchés possibles dans le secteur aéronautique ou dans celui de l’hydrogène – la ville de Belfort s’est beaucoup engagée et toutes les qualifications et technologies nécessaires sont présentes –, mais aussi dans le démantèlement des centrales nucléaires et dans les grands carénages.

Dans tous ces domaines, qu’il s’agisse de l’aéronautique, du nucléaire ou de l’hydrogène, les salariés ont les compétences et les qualifications nécessaires pour réinventer un avenir industriel sur le site de Belfort. Nous allons utiliser le fonds de 50 millions d’euros, alimenté par les pénalités payées par General Electric. Il sera opérationnel dans les jours qui viennent. Je l’ai déjà dit, je souhaite que la grande majorité de cette somme profite à la réindustrialisation et à la réinvention du site de Belfort. Je compte sur votre soutien !
(Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche.)

M. le président. La parole est à M. Jérôme Durain, pour la réplique.

M. Jérôme Durain. 

Monsieur le ministre, nous ne partageons pas votre analyse concernant le marché des turbines à gaz, mais nous sommes favorables à la diversification des activités. Pour 1 000 emplois non créés, General Electric a dû verser 50 millions d’euros ; combien pour 1 000 emplois supprimés ? (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et républicain et sur des travées du groupe communiste républicain citoyen et écologiste.)

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