Les annonces faites par le groupe Areva ont généré, et c’est bien compréhensible, interrogations et inquiétudes. Il faut dire que cette entreprise représente sur la Saône et Loire, au travers de ces différents sites, le premier employeur, auquel s’adjoignent un grand nombre de sociétés sous traitantes.

Comprendre ce qui se passe et faire émerger les bonnes questions est donc essentiel.

Mais avant que de ne voir comment on y répond, il faut saluer la volonté de vérité sur les comptes, voulue par la nouvelle direction d’Areva. Ni les organisations syndicales, ni les responsables de l’entreprise n’ont découvert ce jour la gravité de la situation financière de cette entreprise.

Et c’est là qu’il convient de ne pas minimiser la réalité d’une situation très dégradée avec un déficit de près de 5 milliards d’euros. (4,85 Mds€). Ces pertes sont d’abord de nature financière et doivent être très précisément analysées afin de voir comment elles peuvent être corrigées. Pour cela, l’entreprise a l’impérieuse obligation de réfléchir, dans le cadre d’un dialogue social nécessairement exigeant, à la manière de redresser ses comptes.

Pour autant, la gravité de la situation impose que personne ne se livre à de la surenchère. Ainsi, le paiement des salaires des personnels n’est pas en cause et les échéances difficiles que doit relever Areva, si rien n’est fait, se situent plutôt en 2016 ou 2017.

L’entreprise a annoncé sa volonté d’engager dès à présent, un plan de redressement de l’ordre du milliard d’euros comprenant des réductions sur les achats, sur les investissement et une relance de la compétitivité comprenant un volet social. Notre vigilance dans ce cadre sera totale mais animée de la volonté de travailler à la pérennité et au développement de la filière énergie dans le cadre d’un partenariat nécessairement transparent et renforcé entre Areva et EDF.

C’est l’exigence que nous avons rappelé ce matin même au cabinet du Premier Ministre. C’est l’argumentation que nous développerons auprès de M. Varin Président du Conseil d’Administration d’Areva, que nous rencontrerons mercredi prochain.

Pour nous, il y a un avenir pour la filière nucléaire dans notre pays. Le choc que nous vivons à cet instant est l’occasion de le redéfinir au travers d’une stratégie industrielle forte associant nos atouts, en cohérence avec la politique de transition énergétique et avec le soutien d’un Etat déterminé et intervenant à la mesure de ce qui sera nécessaire.

Les propos de Monsieur le Premier Ministre cet après midi même, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, nous montrent que cette volonté politique est là, et que les salariés de la filière nucléaire sont reconnus et soutenus.

 

Communiqué de presse de Philippe Baumel, Jérôme Durain, Edith Gueugneau, Christophe Sirugue et Cécile Untermaier Parlementaires de Saône-et-Loire socialistes et divers gauche

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