Chalon-sur-Saône fait aujourd’hui la Une de l’actualité pour une polémique bien éloignée de ses valeurs de tolérance. La mesure du maire Gilles Platret de supprimer les repas de substitution fait scandale jusque dans les rangs de l’UMP, des sénateurs de droite se désolidarisant déjà publiquement de cette décision.
Cette volée de bois vert est méritée : alors que le maire de Chalon-sur-Saône se drape dans les habits de la laïcité pour justifier son acte, il ne fait en réalité qu’abîmer la République par sa décision.
Si cette mesure piétine nos valeurs, elle s’illustre aussi par son caractère peu démocratique : quelle urgence y avait-il, en plein milieu d’année scolaire, à prendre une décision aussi symbolique précédée d’aussi peu de concertation ? Aucune, si ce n’est la seule considération électorale, et peut-être une certaine fébrilité dans la crainte de résultats moins bons qu’annoncés.
L’observatoire de la laïcité a déjà eu l’occasion de s’exprimer sur les repas de substitution au porc à la cantine, des maires FN ou UMP ayant précédé M. Platret sur le terrain de l’amalgame ces derniers mois. L’observatoire de la laïcité est catégorique et a rappelé que «dans les faits, les cantines scolaires proposent une diversité de menus, avec ou sans viande». Cette offre de choix ne répond pas à des prescriptions religieuses, mais à la possibilité pour chacun de manger ou non de la viande, tout en empêchant la stigmatisation d’élèves selon leurs convictions personnelles. Rappelons qu’à Chalon la mesure avait été instituée par Dominique Perben.

L’actuel maire de Chalon-sur-Saône appelait le 9 janvier « au rassemblement, au refus de l’amalgame et au respect de tous » après les dégradations commises sur la mosquée de la ville. En bon disciple de Nicolas Sarkozy, Gilles Platret, met aujourd’hui ses pas dans ceux de l’ancien Président de la république, qui pour gagner les voix de l’électorat Front national, reprenait les idées de ce parti. Avec le succès que l’on sait : un score toujours plus élevé du FN dans les urnes, un climat politique délétère. L’honneur des élus de la République c’est de toujours chercher à rassembler et d’éviter les facilités populistes, surtout dans une société en crise. Il reste maintenant à tous les élus municipaux chalonnais candidat(e)s aux départementales à clarifier leur position sur ce sujet. Et à refuser de vendre leur âme pour un plat de lentilles. Avec ou sans porc.

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