Question écrite relative à la création d’un service d’angioplastie-coronarographie au centre hospitalier William Morey de Chalon-sur-Saône

Question n° 00252 adressée à Mme la ministre des solidarités et de la santé

Texte de la question : M. Jérôme Durain attire l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé concernant les besoins en cardiologie interventionnelle et notamment la création d’un service d’angioplastie-coronarographie au centre hospitalier William Morey de Chalon-sur-Saône (71).

Depuis plusieurs années, la commission médicale de l’établissement ainsi que les personnels soignants réclament l’ouverture d’un service angioplastie qui viendrait répondre aux besoins d’un bassin de vie de près de 350 000 habitants, en terme de cardiologie interventionnelle.

Lors d’un infarctus, l’angioplastie se présente comme le traitement de référence pour désobstruer une artère. Selon les recommandations de l’Union européenne, la prise en charge du patient atteint d’anomalies cardio-vasculaires doit se faire au maximum 60 minutes après que l’accident soit survenu (délai pouvant aller jusqu’à 90 minutes). Or, les centres hospitaliers qui disposent de cette technique (Dijon, Mâcon et Lyon) ne permettent qu’aux patients habitant la vallée de la Saône d’être pris en charge dans des délais respectables, excluant les territoires éloignés de cet axe comme ceux de Louhans ou Toulon-sur- Arroux.

L’implantation d’une unité d’angioplastie à Chalon-sur- Saône constituerait donc une évolution essentielle de l’offre de soins sur le territoire, pour une prise en charge rapide des patients victimes.

Par ailleurs, la coronarographie est un élément majeur en cas de suspicion de maladie des artères coronaires et permet d’explorer des insuffisances cardiaques comme les altérations du rythme du cœur. Cet examen, impossible à Chalon-sur- Saône, pose les mêmes difficultés d’accès que pour l’angioplastie aux patients victimes qui ne se situent pas dans le Val de Saône, créant des disparités dans la dynamique de soins.

Il faut noter que ce projet a d’abord été reconnu « besoin exceptionnel » par arrêté de l’agence régionale de santé (ARS) Bourgogne Franche-Comté en juillet 2016, et vient d’être rejeté par la même ARS par arrêté du 31 mai 2017.

Pourtant, la création d’une telle unité sur le centre hospitalier de Chalon-sur- Saône permettrait de créer de nouvelles coopérations en cardiologie au sein de la communauté hospitalière Nord Saône-et-Loire, de rendre plus cohérente l’offre de soins et de mieux coordonner la filière « chirurgie cardiaque » avec Dijon ou Lyon. Il s’agit en outre d’un élément essentiel et structurant pour renforcer l’attractivité de nos territoires. Ne pas l’installer serait pérenniser l’injustice de ce déséquilibre territorial et organiser la désertification médicale de tout le Nord de la Saône-et-Loire en cardiologie, avec en outre le risque du départ des cardiologues hospitaliers chalonnais compétents en angioplastie. Enfin, un service d’angioplastie-coronarographie créerait par ailleurs une dynamique en cardiologie interventionnelle qui permettrait sans aucun doute le recrutement de plusieurs praticiens sur l’hôpital de Montceau.

Aussi lui demande-t-il de se saisir au plus vite de ce dossier vital pour le territoire de Saône-et-Loire et qu’intervienne au plus vite un tiers, indépendant, qui puisse expertiser la situation en toute objectivité, entendre chacune des parties et rendre ses conclusions afin qu’une position commune aux trois établissements soit déterminée.

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