Un écosystème détruit ne peut pas se reconstruire en 5 ans : interdisons l’écocide !

Après son élection, Emmanuel Macron avait placé très haut la barre des attentes relatives à la défense de notre environnement. Indiquant à Donald Trump qu’il fallait « make our planet great again », le Président de la République française tentait alors d’endosser le costume, un peu large, de sauveur de la planète. S’il est aujourd’hui un peu tôt pour dresser son bilan environnemental exhaustif, on peut sans trop de risque envisager l’hypothèse que la palme de champion de la planète ne lui est pas promise à court terme.

La destruction de Notre-Dame et le bel élan de mobilisation pour sa reconstruction est instructif. Mais ce défi, car c’en est un, est bien plus facile à relever que la protection de notre planète. La jeune Suédoise Greta Thunberg l’a relevé à sa manière en demandant aux eurodéputés de « passer en mode cathédrale ». A propos de Notre-Dame, elle relève : « Le monde entier a assisté avec tristesse et désespoir à l’incendie de Notre-Dame de Paris, mais Notre-Dame sera reconstruiteJ’espère que ses fondations sont solides. J’espère que nos fondations sont solides aussi, mais je n’en suis pas sûre. ». Cette jeune femme de 16 ans nous rappelle une réalité qu’on a souvent tendance à feindre d’oublier : notre planète peut mourir et certains écosystèmes, au même titre que leurs habitants, ne se relèvent jamais des dégâts qu’ils subissent.

Ainsi, on voit fleurir un bon nombre d’initiatives qui visent à récupérer le plastique dans les océans. L’intention est louable ; elle ne devrait pas nous exonérer de chercher d’abord à faire la guerre au plastique ! Eviter les dégâts commis sur la nature plutôt que de chercher à les réparer. Comme élus, nous savons bien à quel point il est difficile de sortir de cette dépendance au sentier. Mais nous entendons les appels quotidiens venus de la jeunesse pour nous demander de prendre enfin la mesure du défi qui s’offre à nous. Chargés à travers nos mandats d’écrire la loi, nous avons lu avec attention les alertes de juristes éminents qui insistent pour que la notion d’écocide se diffuse dans les législations nationales et européennes. L’instauration de ce concept d’écocide vise à punir sévèrement les atteintes les plus graves et irréversibles aux écosystèmes, trop souvent impunies.

Ce combat dépasse largement les chapelles politiques : Christiane Taubira avait commandé un rapport référence sur le sujet ; la France Insoumise et EELV ont déjà porté l’idée lors d’élections précédentes ; aujourd’hui, Génération.s la défend pour les prochaines élections européennes et les sénateurs socialistes ont déposé une proposition de loi visant à inscrire le concept d’écocide dans notre code pénal national. Ces initiatives convergentes démontrent que la reconnaissance rassemble les forces de gauche par delà les différents de partis. Il est cependant difficile d’imaginer que ces mobilisations porteront leur fruit immédiatement : le Sénat pourrait se montrer conservateur en la matière malgré ses apports passés au droit de l’environnement et le tempo législatif européen est souvent lent.

Nous appelons de nos vœux le Président Macron à prendre la tête d’une initiative internationale en faveur de la reconnaissance du crime d’écocide pour accélérer le mouvement. En agissant ainsi, nous ne savons pas si M. Macron parviendrait à fabriquer à nouveau une grande planète. Mais il parviendrait à coup sûr à préserver l’existante.

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